Jérémy Taravel pourrait-il devenir le T1 définitif du RSC Anderlecht ? « L’ambiance dans le groupe est bonne, il nous donne confiance.

23 Fév 2026 | Non catégorisé

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Jérémy Taravel peut-il devenir le titulaire du T1 d’Anderlecht ? L’attrait de la stabilité dans une saison pleine de fluctuations

Anderlecht est invaincu depuis trois matches sous la houlette de l’entraîneur intérimaire Jérémy Taravel et a enregistré une victoire importante, mais tout sauf tranquille, contre Zulte-Waregem (4-2). Cette situation soulève un débat classique : dans la lutte pour les six premières places, faut-il opter pour la continuité et le calme interne ou pour un « grand nom » qui incarne un projet à long terme ? Les semaines à venir nous diront si la brève série de succès de Taravel est un véritable tournant ou un simple soulagement temporaire.

Un début d’invincibilité qui soulève immédiatement des questions

Les faits sont simples et, pour cette raison même, si puissants dans le monde du football : depuis que Taravel assure l’intérim, Anderlecht n’a pas perdu en trois matches. Dans une saison perçue comme chaotique par le club lui-même et par les observateurs, une telle série prend immédiatement une valeur symbolique. Non seulement parce qu’il faut des points, mais aussi parce que la narration change : on passe du doute au « on a peut-être trouvé quelque chose ».

La victoire contre Zulte-Waregem s’inscrit parfaitement dans cette double histoire. Anderlecht semblait avoir pris un virage décisif à la mi-temps avec une avance de 0-3, mais s’est soudainement retrouvé en difficulté après la pause et a dû se battre pour garder le contrôle. Le match s’est finalement soldé par un score de 4-2, avec un rôle de premier plan pour Thorgan Hazard, auteur d’un triplé contre son ancien club. Sur le papier, c’est une déclaration, mais dans les détails, il y a aussi un avertissement : cette équipe peut encore basculer.

Cette ambiguïté rend délicate l’évaluation d’un entraîneur intérimaire. Les résultats comptent, surtout à quatre journées de la fin dans la course aux six premières places et donc aux barrages des champions (PO1). Mais la performance, la stabilité et la répétitivité comptent tout autant lorsqu’un club décide de nommer quelqu’un de façon permanente.

Le vestiaire comme argument : « Le groupe vit bien ».

L’un des signaux les plus frappants n’est pas venu de la salle de conférence, mais du groupe de joueurs. Nathan Saliba a exprimé après la victoire ce que les clubs recherchent souvent lorsque les choses tournent mal sur le plan sportif : un sentiment de calme et de confiance. « S’il doit rester ? Ce n’est pas une question pour moi, ce n’est pas moi qui décide. Le groupe vit bien, il arrive à nous donner confiance et à nous faire prendre du plaisir dans ce que nous faisons », a-t-il déclaré. C’est une réponse typique du football qui en dit long en même temps : les joueurs sentent que quelque chose a changé dans la dynamique quotidienne.

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Concrètement, un tel « groupe bien vivant » peut faire la différence à court terme dans des matches qui basculent sur des détails : concentration après un but encaissé, réaction à la pression, croyance en un plan lorsque le public s’impatiente. Dans un championnat où les marges sont faibles et où Anderlecht a été plus souvent associé au « on and off » cette saison, l’effet psychologique d’une nouvelle voix est parfois aussi important qu’un nouveau système tactique.

Mais c’est justement là que réside le risque de surestimation. L’amélioration de l’ambiance peut être le résultat d’un nouveau départ, d’un relâchement de la tension ou d’une série d’événements qui tombent à pic. La question qui se pose donc à Anderlecht est la suivante : s’agit-il d’une base durable ou d’une  » lune de miel  » temporaire qui s’évanouit d’elle-même dès que la pression monte à nouveau ?

Pourquoi PO1 est plus que du prestige : pression sportive et financière

La lutte pour la première place en Belgique n’est jamais une simple question d’honneur. Pour Anderlecht, club de grande tradition et d’attente, la nécessité de terminer dans les six premiers pèse lourd. Non seulement parce que les play-offs augmentent les chances de classement, mais aussi parce que la visibilité et la crédibilité sportives constituent le cadre dans lequel un club rassure ses sponsors, son conseil d’administration et ses supporters.

En pratique, cela explique pourquoi un entraîneur intérimaire en fin de saison est à la fois une bénédiction et une épreuve. Une bénédiction parce que la continuité à court terme peut être plus facile qu’un nouveau départ avec un entraîneur externe. Une épreuve parce que toute perte de points est immédiatement interprétée comme la preuve que la solution temporaire est inadéquate.

Saliba a implicitement mentionné ce champ de tension après Zulte-Waregem : la victoire a fait « beaucoup de bien », car les adversaires se rapprochaient au classement et Anderlecht devait « repartir de l’avant ». Ce type de déclaration montre que le groupe de joueurs sent la table et que les quatre prochains matches ne sont pas un épilogue sans engagement. C’est dans ce contexte que Taravel sera évalué : pas dans un laboratoire, mais sous la pression du championnat.

Le cas Taravel : continuité ou « entraîneur de prestige » ?

Les partisans d’une nomination définitive peuvent invoquer un argument classique : pourquoi changer si cela fonctionne ? Trois matches sans défaite créent une dynamique. De plus, une solution interne permet d’éviter des chocs supplémentaires à un moment où l’équipe a particulièrement besoin de persévérance. L’idée est simple : un entraîneur qui obtient l’adhésion du groupe a un avantage sur un autre qui doit encore faire ses preuves, nouer des relations et ancrer ses principes.

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En revanche, la question qui se pose presque automatiquement dans les grands clubs est la suivante : trois matches suffisent-ils pour confier un projet à long terme ? Les voix critiques soulignent les limites de l’échantillon. Le match à Waregem en est un exemple reconnaissant : une avance de 0-3 qui s’est effritée après la mi-temps indique une fragilité qui ne disparaîtra pas avec un nouveau signe. Les plus sceptiques diront qu’Anderlecht a besoin d’une stabilité structurelle plutôt que d’une courte période qui ne fait qu’alléger temporairement la pression.

C’est là que le profil de Taravel entre en jeu. L’argument du « manque d’expérience pour le haut niveau à long terme » revient souvent lorsque les clubs hésitent entre la promotion interne et le recrutement externe. Un nom établi peut sembler offrir plus de garanties vis-à-vis des médias, du conseil d’administration et des sponsors. En même temps, cela n’est pas sans risque : un entraîneur prestigieux signifie généralement des attentes plus élevées, moins de patience et un effet « tout ou rien » plus important lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Ce qui compte maintenant : les critères permettant de distinguer une vague temporaire d’un véritable redressement

La question clé n’est pas seulement de savoir si Taravel gagne, mais si Anderlecht montre des signes de devenir une équipe plus solide sous sa direction. Plus précisément, ce sont des choses qui se manifestent en fin de saison : l’équipe peut-elle contrôler une avance sans paniquer, le plan tient-il la route lorsque l’adversaire presse, et la confiance du groupe se traduit-elle par de la constance ? Anderlecht a trop souvent été qualifié de « montagne et vallée » cette saison pour ignorer cette question.

Le facteur Hazard illustre également cette nuance. Un triplé de Thorgan Hazard est un fait sportif marquant et s’inscrit dans le récit selon lequel le talent est « mieux exprimé » dans le cadre d’une nouvelle dynamique. Mais un match de haut niveau n’est pas une renaissance structurelle. Pour un club en mode évaluation, il est plus important de voir si les joueurs clés atteignent un niveau qui apporte des points semaine après semaine, et si l’équipe devient moins dépendante des coups d’éclat individuels.

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En arrière-plan, il y a un débat plus large dans le football belge : les jeunes entraîneurs ou les entraîneurs promus en interne ont-ils de vraies chances ou les grands clubs continuent-ils, par réflexe, à opter pour un nom extérieur dès que la pression monte ? Certains clubs ont déjà montré que la promotion interne peut fonctionner, mais tout aussi souvent, les choses ont mal tourné lors de la première période difficile. Anderlecht est aujourd’hui confronté à ce choix en temps réel, les classements jouant le rôle d’arbitre.

À terme, la décision de la direction du club sera lue comme un signal d’identité. Si Anderlecht opte pour la méritocratie et un projet qui grandit de l’intérieur, il doit aussi être prêt à accepter un processus d’apprentissage. S’il opte pour une « certitude » immédiate via un entraîneur externe, il s’agit alors d’une reconnaissance que le club a un horizon plus court, motivé par l’urgence du PO1 et le besoin de rétablir la stabilité.

Le paradoxe est clair : Taravel ne peut se prouver définitivement que par la constance, mais la constance prend du temps. Les quatre prochains matches permettront donc de répondre non seulement à la question sportive « allons-nous atteindre la PO1 ? », mais aussi à la question managériale « quel type d’Anderlecht voulons-nous être ? ».

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